Bonjour à toutes et à tous,
Le vendredi 4 juin, le Tribunal de Commerce de Lorient a prononcé la liquidation judiciaire de la SARL Médiacirquemag qui éditait le Magazine du Cirque et de l'Illusion. Le numéro 16, paru en avril aura donc été le dernier.
Décision prise, non pas par manque d'abonnés, ceux-ci ne cessaient d'augmenter.
Cette revue avait trouvé son public en France, et dans 18 pays étrangers.
Mais parce qu'une revue comme celle-ci ne peut fonctionner sans budget publicitaire, or, depuis près d'un an, il n'y avait quasiment plus d'annonceurs payants. La crise a mis à mal les budgets de tout le monde dans la presse écrite, si on y ajoute la concurrence de l'internet gratuit, ce sont plus de 200 titres qui cessent chaque semaine.
Si on ajoute encore à cela le manque à gagner important causé par l'absence de Salon du Cirque cette année, plus la défection de dernière minute et effectuée de façon assez peu correcte d'un gros partenaire qui devait nous racheter, il m'est désormais impossible de continuer seule à éditer cette revue.
J'ai tout tenté pour que la revue continue, je l'ai proposée à de nombreux éditeurs importants, pas un n'a voulu la reprendre.
Les abonnés perdent les numéros qui leur restent à servir, et croyez bien que le fait de ne pouvoir servir les abonnements jusqu'au bout est ce qui me touche le plus dans cette situation. Ne croyez pas qu'il me soit facile et indolore de laisser tomber. J'ai en mémoire une réflexion entendue à Lille "surtout continuez à écrire, vous êtes nos yeux", et il m'est impossible d'oublier l'appel de cette maman dont le fils, handicapé, ne cesse d'attendre le numéro suivant du MCI.
Cela représente pour la très grande majorité d'entre vous deux numéros que vous ne recevrez pas.
Pour certains, cela représente davantage, mais sans prétendre consoler personne, sachez que j'ai investi à titre personnel plus de 45 000 euros dans cette revue en presque trois ans, et que de la même façon que vous, dans ce cas de liquidation judiciaire, cela est également perdu pour moi.
Les auteurs/pigistes/photographes qui collaboraient au MCI n'ont eux non plus pas touché l'intégralité de leurs indemnités. Certains m'ont spontanément proposé de collaborer gratuitement pour essayer de sauver la revue, je les en remercie publiquement encore une fois, une toute petite petite minorité, par contre, propage déjà des propos quasi insultants à mon égard, attitude que je trouve d'autant plus regrettable que nulle part ailleurs que dans le MCI, leurs rubriques n'auraient été publiées.
Un grand immense merci à Céline, notre graphiste, dessinatrice aussi de notre mascotte Bidule, qui a joué le jeu jusqu'au bout tout en étant parfaitement au courant de la situation. Elle aussi a travaillé souvent très très tard pour nous permettre de sortir des articles de toute dernière minute.
Je tiens à rappeler également que je ne me suis jamais salariée sur cette société, qui a représenté pour moi 10 heures de travail par jour, étant absolument seule ici à la rédaction pour tout assurer, de la conception de chaque numéro juqu'au dépôt chez le routeur, plus les courriers, téléphones, mails, envoi de paquets, reportages dans les cirques et festivals, relations avec les éditeurs pour la partie Librairie, déplacements sur les festivals, salons, etc.etc. ainsi que tout l'administratif d'une SARL. Ce qui mobilise de 4 à 5 personnes dans d'autres entreprises similaires.
Il est inutile de téléphoner ici pour réclamer livres, revues, etc., je n'ai plus accès à rien, les comptes sont bloqués, c'est un mandataire qui gère désormais la liquidation.
Merci à tous les cirques qui nous ont accueillis sous leurs chapiteaux, merci aux organisateurs de festivals qui nous ont conviés, merci à vous, lecteurs, d'avoir participé à cette aventure.
Françoise Lepennetier
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